Destination TCF Canada logo
Illustration Compréhension écrite — Comment identifier le point de vue de l’auteur en compréhension écrite au TCF Canada ?
CECompréhension écrite

Comment identifier le point de vue de l’auteur en compréhension écrite au TCF Canada ?

Publié le 9 min de lecture

En compréhension écrite au TCF Canada, certaines questions ne vous demandent pas simplement de retrouver une date, un lieu ou une information précise. Elles peuvent vous demander de comprendre ce que l’auteur pense réellement d’un sujet.

France Éducation international indique que l’épreuve peut notamment porter sur des articles et des comptes rendus dans lesquels les auteurs prennent position sur des sujets concrets ou abstraits. La compréhension écrite comporte actuellement 39 questions à choix multiple en 60 minutes, avec une difficulté progressive.

Pour identifier un point de vue, chercher un mot-clé ne suffit pas. La position de l’auteur peut être exprimée directement, mais elle peut aussi apparaître à travers une concession, un jugement, une réserve ou une conclusion. Votre tâche consiste alors à reconstruire l’attitude générale du texte sans lui faire dire plus qu’il ne dit.

Ne confondez pas le sujet du texte avec le point de vue de l’auteur

Un texte peut parler d’un sujet sans défendre une position évidente sur ce sujet.

Prenons cet exemple :

« De nombreuses entreprises ont adopté le télétravail. Cette organisation réduit certains déplacements, mais plusieurs responsables soulignent aussi ses effets sur la communication entre collègues. »

Le sujet est le télétravail.

Mais peut-on déjà affirmer que l’auteur est favorable ou opposé au télétravail ? Non. Il présente pour l’instant deux aspects du phénomène.

Si une réponse propose :

« L’auteur considère que le télétravail est une mauvaise solution. »

elle va plus loin que le passage.

Cette distinction est essentielle :

  • thème : de quoi parle le texte ?
  • information : qu’affirme précisément le texte ?
  • point de vue : quelle position, appréciation ou attitude l’auteur adopte-t-il ?

Si la question porte seulement sur une information précise, utilisez plutôt une stratégie de repérage ciblé. Notre guide sur les informations importantes en compréhension écrite détaille cette méthode.

Cherchez d’abord les mots qui révèlent un jugement

Le moyen le plus direct d’identifier une position consiste à repérer le vocabulaire évaluatif.

Comparez :

« La ville a installé une nouvelle piste cyclable. »

et :

« La ville a enfin installé une piste cyclable indispensable dans ce quartier. »

La première phrase rapporte principalement un fait.

La seconde contient déjà deux indices :

  • enfin suggère qu’une attente a été longue ;
  • indispensable exprime une appréciation clairement positive sur la mesure.

Certains adjectifs, adverbes et verbes peuvent ainsi révéler une attitude :

  • utile, regrettable, inquiétant, encourageant, excessif ;
  • heureusement, malheureusement, certes, étonnamment ;
  • déplorer, saluer, critiquer, regretter, approuver.

Il ne faut toutefois pas mémoriser une liste en pensant que chaque mot correspond automatiquement à une position. Regardez toujours ce qui est évalué et par qui.

« Les opposants jugent cette réforme inutile. »

Le mot inutile est négatif, mais il exprime ici le point de vue des opposants, pas nécessairement celui de l’auteur.

Repérez les concessions : elles indiquent souvent où se trouve la vraie position

Les textes argumentatifs présentent rarement une opinion sous la forme :

« Je suis totalement pour. »

Une position peut être nuancée.

Les mots certes, bien que, même si, malgré, cependant, pourtant, néanmoins ou en revanche sont particulièrement utiles parce qu’ils montrent la relation entre deux idées.

Exemple :

« Certes, le nouveau dispositif coûte cher à mettre en place. Cependant, il permettrait de réduire durablement la consommation d’énergie. »

Les deux idées sont reconnues :

  • coût élevé ;
  • bénéfice durable.

Mais la structure certes... cependant... donne davantage de poids à la seconde idée. L’auteur admet un inconvénient avant de mettre en avant l’argument favorable.

Une mauvaise réponse pourrait retenir uniquement :

« L’auteur critique le coût du dispositif. »

Cette information existe dans le texte, mais elle ne résume pas correctement sa position générale.

Lorsque vous voyez une concession, demandez-vous donc :

Quelle idée est reconnue, et quelle idée l’auteur choisit-il finalement de mettre en avant ?

Distinguez la voix de l’auteur de celle des personnes citées

Dans un article, plusieurs opinions peuvent apparaître en quelques lignes.

« Selon plusieurs commerçants, la piétonnisation du centre-ville nuit à leur activité. La municipalité affirme au contraire qu’elle attire davantage de visiteurs. Les premières données disponibles restent cependant trop limitées pour trancher. »

Trois éléments coexistent :

  1. les commerçants sont critiques ;
  2. la municipalité est favorable ;
  3. l’auteur estime que les données ne permettent pas encore de conclure.

Si la question demande le point de vue de l’auteur, choisir l’opinion des commerçants ou celle de la municipalité serait une erreur d’attribution.

Repérez donc les marqueurs de source :

  • selon ;
  • d’après ;
  • affirme ;
  • estime ;
  • considère ;
  • explique ;
  • pour X ;
  • aux yeux de X.

Ils vous indiquent qui porte l’idée.

Ensuite, regardez ce qui reste lorsque les opinions rapportées sont séparées du commentaire du rédacteur.

La fin du passage peut modifier l’interprétation de tout ce qui précède

Un texte peut commencer par plusieurs arguments favorables puis terminer sur une réserve décisive.

« Les véhicules électriques réduisent les émissions directes en ville et leur utilisation peut améliorer la qualité de l’air. Leur généralisation ne constitue toutefois pas, à elle seule, une réponse suffisante aux problèmes de mobilité : la réduction du trafic et le développement des transports collectifs restent également nécessaires. »

Une réponse comme :

« L’auteur estime que la voiture électrique résout le problème de la mobilité. »

serait trop forte.

La position est plus nuancée :

la voiture électrique apporte certains bénéfices, mais elle ne suffit pas à elle seule.

Les mots toutefois et à elle seule sont déterminants.

Dans les textes plus complexes, la position se trouve souvent dans cette combinaison :

reconnaissance d’un avantage → limite → conclusion nuancée

Lisez donc avec une attention particulière les dernières phrases lorsque la question porte sur l’attitude générale de l’auteur.

Utilisez une méthode en quatre étapes pour reconstruire la position

Lorsque la réponse n’est pas formulée explicitement, évitez de choisir selon votre impression générale. Faites une reconstruction rapide.

1. Identifiez le sujet

Résumez-le en quelques mots :

transports gratuits
intelligence artificielle au travail
tourisme de masse
enseignement à distance

2. Séparez les arguments positifs et négatifs

Ne décidez pas encore.

Par exemple :

positif : accès facilité, moins de voitures
négatif : coût important

3. Repérez ce que l’auteur privilégie

Cherchez :

  • une concession ;
  • un jugement ;
  • une recommandation ;
  • une conclusion ;
  • une réserve ;
  • une conséquence présentée comme importante.

4. Formulez la position avec le bon degré de nuance

Avant de regarder les réponses, essayez une phrase courte :

« Il est plutôt favorable, mais reconnaît une limite importante. »

ou :

« Il reste prudent faute de preuves suffisantes. »

ou encore :

« Il critique surtout la manière dont la mesure est appliquée, pas son principe. »

Vous comparez ensuite cette formulation aux choix proposés.

Cette étape évite de vous laisser attirer par une réponse qui reprend exactement les mots du texte tout en déformant sa position.

Faites attention aux réponses plus catégoriques que le texte

Un distracteur peut transformer une opinion nuancée en affirmation absolue.

Texte :

« Cette mesure pourrait améliorer la situation, à condition d’être accompagnée d’un meilleur suivi. »

Réponse A :

La mesure réglera le problème.

Réponse B :

La mesure peut être utile si certaines conditions sont réunies.

La réponse B respecte le degré de certitude du texte.

La réponse A transforme :

pourrait

en :

réglera

et supprime :

à condition de

Soyez particulièrement attentif aux mots qui modifient la portée d’une affirmation :

  • peut, pourrait, semble ;
  • probablement, parfois, généralement ;
  • certains, plusieurs, une partie ;
  • uniquement, toujours, jamais, tous ;
  • à condition que, sauf si, dans certains cas.

Une seule modification peut rendre une réponse beaucoup plus forte que le texte original.

Ne confondez pas point de vue implicite et interprétation personnelle

Comprendre l’implicite ne signifie pas inventer une intention cachée.

Exemple :

« En trois ans, le prix du billet a augmenté deux fois alors que le nombre de lignes desservies a diminué. Difficile, dans ces conditions, de parler d’une amélioration du service. »

L’auteur n’écrit pas directement :

« Le service s’est dégradé. »

Mais cette conclusion est solidement appuyée par :

  • l’augmentation du prix ;
  • la diminution du service ;
  • la formule critique « difficile de parler d’une amélioration ».

En revanche, conclure :

« L’auteur veut que la direction de l’entreprise soit remplacée »

serait injustifié. Rien dans le passage ne soutient cette idée.

La bonne interprétation implicite doit pouvoir être reliée à des indices précis du texte.

Exemple complet : comment départager deux réponses proches

Lisez ce passage :

« Les plateformes de cours en ligne permettent à davantage de personnes d’accéder à des formations, parfois à un coût réduit. Elles offrent aussi une grande souplesse d’organisation. Il serait néanmoins imprudent d’y voir un remplacement systématique de l’enseignement en présentiel, notamment pour les apprentissages qui nécessitent des échanges directs et un accompagnement régulier. »

Supposons que la question demande :

Quelle est la position de l’auteur sur les cours en ligne ?

Deux réponses semblent possibles :

A. Ils présentent plusieurs avantages mais ne peuvent pas remplacer l’enseignement en présentiel dans toutes les situations.
B. Ils constituent désormais une meilleure solution que l’enseignement en présentiel.

Reprenons la méthode.

Sujet : cours en ligne.

Avantages reconnus : accessibilité, coût, souplesse.

Pivot : « néanmoins ».

Réserve principale : ils ne doivent pas être considérés comme un remplacement systématique.

La réponse A respecte l’ensemble du passage.

La réponse B conserve les éléments positifs mais invente une comparaison que l’auteur ne fait pas.

C’est précisément le type de différence qu’il faut apprendre à repérer : une mauvaise réponse peut sembler compatible avec une partie du texte tout en dépassant sa conclusion générale.

Comment travailler cette compétence à l’entraînement

Après une série de compréhension écrite du TCF Canada, ne vérifiez pas seulement si votre réponse était correcte.

Pour chaque erreur portant sur une opinion ou une position, notez trois éléments :

  1. la position réelle de l’auteur en une phrase ;
  2. les mots du texte qui la prouvent ;
  3. ce qui rend votre réponse incorrecte.

Votre diagnostic peut être très précis :

j’ai attribué l’opinion d’une personne citée à l’auteur ;

j’ai ignoré « cependant » ;

j’ai choisi une réponse trop catégorique ;

j’ai retenu le premier argument sans lire la conclusion ;

j’ai ajouté une idée qui n’était pas dans le texte.

Ce travail est plus utile que de relire passivement tout le passage. Vous entraînez le mécanisme exact qui vous a fait hésiter.

Si votre difficulté vient plutôt du vocabulaire qui empêche de comprendre ces nuances, travaillez parallèlement la méthode pour comprendre un mot inconnu grâce au contexte.

Le réflexe à retenir

Pour identifier le point de vue de l’auteur, ne cherchez pas seulement ce dont le texte parle. Cherchez ce que l’auteur en fait.

Repérez qui exprime chaque opinion, observez les mots de jugement, les concessions et les réserves, puis regardez quelle idée domine dans la conclusion. Enfin, choisissez la réponse qui conserve exactement le même degré de certitude et de nuance que le passage.

À force d’entraînement, la question « Que pense l’auteur ? » devient moins subjective : vous apprenez à justifier chaque réponse par des indices précis dans le texte.